- 13 juil.
Mais qu’en pensent les enseignant·es ?
Nous avons souvent évoqué dans cette page les changements très rapides touchant notre société, lesquels imposent à l’école de se remettre constamment en question pour tenter de rester en phase avec la réalité dans laquelle vivent les élèves. Le défi est de leur fournir les outils indispensables aux citoyen·nes de la société de demain, sans pouvoir imaginer celle-ci avec une certaine fiabilité. Pourtant, il faut bien «piloter l’école». Une question revient alors régulièrement dans les sphères dirigeantes de l’école.
En effet, chaque décision politique, qu’elle concerne l’organisation des classes, les salaires des personnels de l’école, les moyens d’enseignement ou les plans d’étude doit, in fine, être mise en œuvre par les enseignant·es, qui «font l’école» tous les jours, avec leurs élèves. Et même une bonne décision politique (elles ne le sont hélas pas toujours) n’apporte que peu d’effets positifs si elle est contestée par le corps enseignant.
Comment donc savoir ce que pensent les enseignant·es ? Les autorités politiques se tournent volontiers vers les directions d’école, lesquelles sont plongées dans la réalité quotidienne de leur établissement. Leurs avis sont précieux. Mais que se passe-t-il vraiment lorsque les portes des classes se referment ? Les enseignant·es sont-ils·elles suffisamment à l’aise avec leurs directions pour leur confier leurs doutes, leurs difficultés, leurs échecs parfois ?
C’est là que l’intervention des syndicats est nécessaire. En effet, ceux-ci représentent un canal sécurisé par lequel chaque enseignant·e peut exprimer son avis, de manière confidentielle ou publique, à propos de la marche de sa classe, de son établissement et de l’école en général. Ces remarques s’ajoutent alors tout naturellement à celles qui parviennent quotidiennement aux syndicats, lesquels peuvent en faire une synthèse pour en discuter avec leur département respectif.
Les comités syndicaux occupent ainsi une place privilégiée d’observatoire de l’école. Tout en ayant les pieds solidement ancrés dans la réalité des classes et de leurs collègues, ils ont la possibilité de prendre de la hauteur à de multiples occasions, de se mettre à l’écoute de très nombreux responsables politiques et pédagogiques et de partager leurs remarques avec eux. En effet, le monde syndical est un formidable réseau comptant de multiples connexions, à tous les niveaux de l’école et d’une portée géographique étendue.
Ceci permet au SAEN d’être un partenaire écouté au sein de l’école neuchâteloise, de recevoir des informations confidentielles sur les chantiers en cours, de partager directement les opinions et demandes des collègues qui s’adressent à lui avec les personnes responsables, tout en protégeant leur identité.
Ceci lui permet aussi, en tant que syndicat d’un canton romand de taille moyenne, de parler d’égal à égal avec des organisations syndicales beaucoup plus grandes que lui, de s’enrichir de leur analyse et de leur expérience et de participer valablement aux débats.
Nous aimerions relever enfin le paradoxe d’une société en transition accélérée et d’un monde politique démocratique dans lequel tout prend du temps. Ainsi, entre la détection d’un problème structurel de l’école et la réponse adéquate souhaitée, il peut s’écouler parfois des années. Par rapport aux initiatives individuelles ou collectives qui fleurissent parfois dans nos écoles, le travail syndical a donc l’immense avantage de se dérouler dans un cadre structuré dans lequel les connexions sont bien établies. Il s’inscrit également dans la durée grâce au renouvellement régulier de ses responsables.
Nous plaidons donc avec conviction et ténacité pour un renforcement du travail syndical, avec un soutien fort de chaque enseignant·e de notre canton, pour le bien de l’école neuchâteloise.