Plus de 2000 enseignants s’apprêtent à accueillir les élèves neuchâtelois

Bientôt fini les vacances, l’école obligatoire reprendra ses activités lundi prochain.

Les tableaux noirs, pupitres, tables et chaises des salles de classe neuchâteloises vont «revivre» dès lundi prochain.
Les tableaux noirs, pupitres, tables et chaises des salles de classe neuchâteloises vont «revivre» dès lundi prochain.KEYSTONE

Le Département cantonal de l’éducation et de la famille prépare la rentrée scolaire suivante depuis six mois. Nous avons bien dit «suivante», donc celle de 2018... Pour dire les choses autrement, lundi prochain, jour de reprise pour les élèves neuchâtelois de l’école obligatoire, sera l’aboutissement de 18 mois de préparation.

«Nous ne sommes jamais à l’abri d’un couac, mais je suis serein», commente Jean-Claude Marguet, chef du Service cantonal neuchâtelois de l’école obligatoire (SEO). «Entre tout le travail qui a été réalisé en amont  pas seulement par le service  et le professionnalisme des enseignants, la rentrée à venir se présente sous de bons auspices.»

Les enseignants en question sont plus de 2000, travail à temps partiel compris (soit environ 1500 équivalents plein-temps). «Selon nos dernières informations, tous les postes ont été repourvus. Le marché de l’emploi est donc équilibré, avec toutefois un avantage pour les employés, en ce sens que ceux-ci étaient le plus souvent en position de choisir parmi les postes qui ont été mis au concours.»

«Travail de haute couture»

Autre bonne nouvelle: il semble que la soixantaine d’étudiants neuchâtelois qui ont terminé leur formation au sein de la Haute Ecole pédagogique Bejune (BE-JU-NE), et qui souhaitaient enseigner dans le canton, ont trouvé une place de travail. Des chiffres précis à ce sujet seront rendus publics demain.

Tous ces équilibres ne vont pas de soi: qu’il s’agisse du nombre de places à repourvoir (en particulier après des départs à la retraite), du nombre de postulants, des multiples disciplines enseignées ou encore du nombre de périodes sollicité par les enseignants qui travaillent à temps partiel, le SEO et les directions des centres scolaires doivent réaliser «un travail de haute couture», pour reprendre l’expression de Jean-Claude Marguet.

Nouvelles dispositions

L’exercice fut d’autant plus délicat que l’année scolaire à venir correspond à l’introduction des classes à niveaux en 11e année Harmos, dernière étape de la grande réforme de l’«école secondaire». Cette fois, c’est fini, les sections préprofessionnelle, moderne et maturité ont entièrement disparu.

En plus, par rapport aux années précédentes, il a fallu tenir compte de l’entrée en vigueur de la dizaine de mesures proposées par le Conseil d’Etat, l’automne passé, pour mettre fin à la grève de plusieurs centaines d’enseignants (introduction de périodes de décharge pour certaines catégories d’enseignants par exemple).

Ces équilibres sont si ardus à atteindre que des cercles scolaires doivent parfois engager des personnes ne disposant pas d’un titre d’enseignement dans la discipline requise – par exemple un biologiste pour l’enseignement des maths –, voire des personnes ne disposant pas de la formation d’enseignant. «Il s’agit en règle générale de périodes isolées, de postes très partiels, de remplacements ou encore de disciplines pour lesquelles il est un peu plus compliqué de trouver des enseignants, comme c’est le cas, par exemple, pour l’allemand, les mathématiques ou ce que l’on appelle l’enseignement spécialisé», explique le chef du SEO, avant de préciser que «le premier critère pris en compte, c’est la qualité de l’enseignement».

Un mot enfin pour signaler que lundi prochain sera également jour de rentrée pour les écoles professionnelles neuchâteloises.

Les enseignants ne disposant pas des titres requis étant moins bien rémunérés, les «payeurs» – communes et Etat – ne sont-ils pas tentés de faire appel, via les centres scolaires, à de telles personnes pour faire des économies? Une critique régulièrement émise par les syndicats d’enseignants...

Jean-Claude Marguet s’inscrit en faux contre cette critique: «La question du coût n’entre en aucun cas en ligne de compte dans l’engagement des enseignants. Les écoles recherchent toujours en premier lieu des enseignants formés, car la priorité est donnée à la qualité de l’enseignement. Le recours à des personnes ne disposant pas d’un titre d’enseignement est la solution retenue en dernier ressort.»

Le chef du SEO en veut pour preuve qu’en 2016-2017, «seuls 4,89% des périodes se sont déroulées en présence d’une personne ne disposant pas d’un titre d’enseignement, y compris les périodes de remplacement de plus d’un mois, et 1,19% avec un enseignant titré, mais dans une autre discipline. Encore une fois, pour les cercles scolaires, qui sont les autorités d’engagement, les compétences des enseignants, et donc la qualité du travail fourni, passent avant toute autre considération.»

La qualité comme premier critère

La qualité commeLes enseignants ne disposant pas des titres requis étant moins bien rémunérés, les «payeurs» – communes et Etat – ne sont-ils pas tentés de faire appel, via les centres scolaires, à de telles personnes pour faire des économies? Une critique régulièrement émise par les syndicats d’enseignants... 

Jean-Claude Marguet s’inscrit en faux contre cette critique: «La question du coût n’entre en aucun cas en ligne de compte dans l’engagement des enseignants. Les écoles recherchent toujours en premier lieu des enseignants formés, car la priorité est donnée à la qualité de l’enseignement. Le recours à des personnes ne disposant pas d’un titre d’enseignement est la solution retenue en dernier ressort.»
Le chef du SEO en veut pour preuve qu’en 2016-2017, «seuls 4,89% des périodes se sont déroulées en présence d’une personne ne disposant pas d’un titre d’enseignement, y compris les périodes de remplacement de plus d’un mois, et 1,19% avec un enseignant titré, mais dans une autre discipline. Encore une fois, pour les cercles scolaires, qui sont les autorités d’engagement, les compétences des enseignants, et donc la qualité du travail fourni, passent avant toute autre considération.»

par Pascal Hofer

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Commentaires

L'ombre d'un doute

Portrait de Pierre Graber

L'ombre d'un doute

M. Marguet me semble beaucoup beaucoup beaucoup trop optimiste quant au taux de remplaçants disposant d'un titre d'enseignement.
Ça ne correspond en tout cas pas avec mon expérience! mais je ne tiens pas de statistique...

Question de décimale?

Les statistiques émanent-elles de feu la Caisse de remplacement? J'ai comme un doute...

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