Des jeunes Neuchâtelois laissés sur le carreau après l'école obligatoire?

Cette année, il y a davantage de jeunes Neuchâtelois qui n’ont pas trouvé de solution scolaire ou professionnelle au terme de l’école obligatoire. Un syndicat d’enseignants dénonce l’attitude du Département cantonal de l’éducation. La conseillère d’Etat Monika Maire-Hefti s’inscrit en faux contre la vision du syndicat: «Nous ne laisserons jamais tomber un seul jeune!»

Dans les couloirs de l'Ester, à La Chaux-de-Fonds.
Dans les couloirs de l’Ester, à La Chaux-de-Fonds. DAVID MARCHON

«Les vacances s’annoncent amères pour les élèves de 11e année Harmos sans solution» (au terme de leur scolarité obligatoire), indique le syndicat d’enseignants SSP dans un communiqué diffusé ce vendredi. «La situation est préoccupante pour l’avenir des jeunes du canton de Neuchâtel. Renseignements pris, 42 élèves sortant de la section moderne se sont vu refuser l’admission en préapprentissage, voie orientation, à l’Ester», soit l’Ecole du secteur tertiaire, à La Chaux-de-Fonds.

Aux yeux du syndicat, un certain nombre de mesures décidées par le Conseil d’Etat «pour faire des économies (...) se font prioritairement au détriment des élèves». Il demande au Département cantonal de l’éducation «de faire tout ce qui est en son pouvoir» pour assurer que les jeunes concernés «trouvent d’ici la rentrée scolaire une formation qui leur convienne».
«C’est bien ce que nous faisons», répond Monika Maire-Hefti, avant d’expliquer: «Pour différentes raisons, parmi lesquelles la conjoncture économique qui a des conséquences sur le nombre de places d’apprentissage, il y a davantage de jeunes, cette année, qui n’ont pas encore trouvé de solution. Ils sont environ 140, contre une centaine les années précédentes.»

La conseillère d’Etat ajoute: «Le ​​​​Service des formations postobligatoires et de l’orientation (SFPO) va contacter chacun des jeunes concernés pour voir quelles démarches il a menées et ce qui peut être fait. Par ailleurs, pour ceux qui n’auront pas trouvé de solution, nous allons mettre en place une solution intermédiaire sous la forme d’une journée en école, avec suivi étroit du SFPO pour trouver des places de stage.»

Elle conclut: «Nous n’avons jamais laissé et nous ne laisserons jamais un seul jeune sur le carreau!»

Pascal Hofer

Source

>> A lire aussi: "Que prévoit l'Etat de Neuchâtel pour les élèves "sans solution"?"

>>> Et encore: "Une centaine d'élèves neuchâtelois sans solution après l’école obligatoire"

Mots-clés associés: 

Commentaires

Préoccupant...

Portrait de SAEN

Préoccupant...

Ça fait de nombreux mois que les syndicats tirent la sonnette d’alarme quant au manque de solutions alors que les autorités s’empressent de tailler dans l’offre de formation.

La rengaine «le canton veut privilégier la formation duale» (en entreprise) s’érige en dogme et les autorités sortent la hache ou la tronçonneuse pour mettre en place de supposées économies. Comme toujours avec le monde politique, chacun s’en tient à la gestion de son propre portefeuille, sans se demander si les économies qu’il réalise aujourd’hui ne se traduiront pas demain en coûts largement supérieurs dans d’autres domaines (aide sociale, par exemple).

Le SAEN ne doute pas un instant que les autorités feront tout pour ne laisser aucun jeune sans solution. Mais cela appelle deux remarques:

  • la recherche et la mise en place de solutions d’encadrement pour un nombre croissant de jeunes sont peu rassurantes quant à la maîtrise du dossier par les services du DEF; il y a un manque évident d’anticipation, malgré les signaux transmis tant par les enseignants que les directions ou l’OCOSP;

  • comme les autorités semblent rechigner à créer les classes supplémentaires nécessaires à l’ESTER ou au CPLN, on s’achemine de toute évidence vers un alourdissement des effectifs dans les classes existantes quitte à mettre en danger les jeunes les plus fragiles pour lesquels elles ont d’abord été imaginées;
    comme toujours, pas à l’abri d’un paradoxe, le DEF expose la santé des enseignants dont les conditions de travail sont ainsi dangereusement aggravées...

Cela n'empêche pas le même DEF de conduire des travaux pour mesurer l'épuisement des enseignants et (on ne rit pas) à imaginer des solutions pour le réduire (si, si!).

La faute à la réforme?

Portrait de Pierre Graber

Attention. Certains pensent que c'est la faute du nouveau système, qui a effectivement des défauts, surtout celui de ne pas mettre à disposition des enseignants et de leurs élèves les outils indispensables à sa réussite; tout y est fait au rabais en comptant comme d'habitude sur la bonne volonté des profs pour absorber le choc...

Mais il n'est pas en cause dans ce cas (les élèves concernés vont tout juste commencer leur 11e). Du moins pas directement; tout au plus a-t-on voulu éviter de faire doubler des élèves risquant l'échec en fin de 11e pour leur éviter de le faire dans un système dont ils n'ont pas l'habitude; alors, corollaire, pour les "préserver" on a forcé la sortie d'élèves qu'on aurait gardés une année encore auparavant; dans le même ordre d'idées, on a multiplié les transferts de Moderne vers Préprofessionnelle au semestre pour les élèves en situation d'échec. L'effet domino a fait le reste!

Si on y réfléchit bien, il faudrait que les économies ainsi réalisées en fin de cycle 3 (moins de redoubleurs) soient investies pour offrir des perspectives au post-obligatoire; évidemment, on ne le fait pas: on augmente les effectifs des classes de préapprentissage conçues pour accueillir les plus fragiles... dans des conditions plus difficiles.

Et, au-delà des jeunes, on s'étonnera encore de l'accroissement spectaculaire des cas de burn-out des enseignants!

Ajouter un commentaire

CKEditor

  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
  • You may insert videos with [video:URL]
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
CAPTCHA
Cette question sert à tester si vous êtes bel et bien un visiteur humain pour éviter les soumissions automatiques.