Qui veut la peau de l’école publique?

Les 75 millions de déficit réalisés par le canton en 2016 n’augurent rien de bon pour personne. Avant la publication, le gouvernement avait annoncé un programme d’économies consistant en une vingtaine de mesures pour le DEF. À l’image de l’abandon du REX en 5e et 6e, ça manque cruellement de cohérence!

Qui veut la peau de l’école publique?

La question est volontairement provocatrice et, pourtant, non totalement dénuée de sens, même si — heureusement — personne ne manifeste l’intention de vouloir liquider l’institution. Mais, depuis trop longtemps, l’école neuchâteloise est l’objet d’une lutte de pouvoir entre autorités locales et cantonales. Le combat pour l’attribution du leadership a alors parfois primé sur le pilotage du système et grippé un mécanisme déjà fragile.

On connaît le résultat: la régionalisation de l’école dès janvier 2012… alors que la législature 2006-2009 avait pratiquement organisé sa cantonalisation… La priorité a dès lors été accordée aux prérogatives communales sous la pression des exécutifs des villes et de leurs relais au Grand Conseil.

Le détricotage des tâches respectives entre les services cantonaux et les cercles scolaires régionaux est presque impossible à réaliser et la recherche d’un minimum de cohérence, voire de cohésion a conduit au double pilotage actuel. Mus par les meilleures intentions du monde, chacun des partenaires veut imposer sa solution et, comme de simples soldats à l’armée qui subissent ordres et contrordres, les enseignants sont incapables d’empêcher le désordre de s’installer.

Sur bien des points, la régionalisation a ainsi conduit à la mise en place d’une école à 7, voire à 13 vitesses!

C’est la cerise sur le gâteau, car un élément a aussi marqué la plupart des décisions concernant l’école prises au cours des quinze dernières années: le département (ou ses services) s’est chaque fois lancé dans de grands projets sans disposer des moyens financiers indispensables. Ceux-ci étaient parfois presque assurés initialement, mais dans le louable souci de faire encore mieux, le projet initial a été «enrichi» au point de ne plus être objectivement à notre portée.

Deux exemples parmi d’autres: Au moment d’introduire la nouvelle évaluation des compétences des élèves en début de scolarité, au lieu de le faire — traditionnellement — volée après volée, on l’a appliquée d’un coup au cycle 1 entier; les enseignants du cycle 2 ont ainsi été dans l’incapacité d’anticiper l’apparition du système dans leurs classes et en souffrent encore! Dans la réforme du cycle 3 également, au lieu de répartir les élèves dans les niveaux pour 4 branches comme le font les Valaisans dont le projet s’inspire, on a décidé de le faire pour 5 branches; ce qui renforce la complexité de conception des horaires et rigidifie encore davantage le système!

Pour arranger le tout, on tend à techniciser les directions d’écoles où il n’est désormais plus requis d’être enseignant pour se voir confier les clés!

Ce n’est peut-être pas le Titanic, mais le paquebot est cependant lancé et il semble impossible de changer de cap dans l’urgence. Alors, le capitaine et ses lieutenants cherchent à alléger le navire et entreprennent de se débarrasser du superflu. Au risque de balancer les gilets de sauvetage par-dessus bord!

À la prochaine escale, les passagers qui en ont le moyen changeront d’embarcation. Quant aux autres...


Voir également:  Et si on économisait ailleurs qu’en classe?

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