, Yvan Jourdain

2032, c’est loin et proche à la fois !

En 2032, le canton devra se conformer aux directives fédérales : la maturité passera de trois à quatre ans.

En 2032, le canton devra se conformer aux directives fédérales : la maturité passera de trois à quatre ans.

Après avoir réfléchi à un système « 11+4 » (onze années de scolarité obligatoire et quatre années de lycée) et à un « 10+4 », le canton a choisi en 2024 d’élaborer un « système mixte », car le côté financier est malheureusement entré dans l’équation.

À mes yeux, ce choix risque de créer un stress supplémentaire pour les élèves, certain·es d’entre eux·elles (ou leurs parents) désirant à tout prix un passage au lycée le plus vite possible.

Au cycle 3, on aura donc des élèves qui devront faire en deux ans le programme prévu pour trois. Cela va générer indéniablement une énorme pression, qui va égale – ment se ressentir au niveau des enseignant·es !

Avec le système « 11+4 », chaque élève serait beaucoup plus serein·e pour atteindre tous les objectifs décrits dans le PER et les enseignant·es auraient trois véritables années pour faire leur programme, contrairement au système hybride actuel qui est assez contraignant, la 11e année étant considérée comme la 1re année de lycée. Il faut donc terminer le programme du cycle 3 mais aussi commencer le programme du secondaire II en trois ans. Un « 11+4 » permettrait de gagner en qualité de travail et il est également certain que cela aurait un impact positif sur le nombre de redoublements.

Si le gouvernement persiste dans son choix, comment va-t-il organiser le changement vers ce nouveau système mixte ?

Des sélections ou examens seront-ils organisés en fin de 8e année pour savoir quel·le élève ira au cycle 3 « version expresse » (2 ans seulement) ou « version standard » ?

Cela signifierait que des élèves devraient faire des choix professionnels dès l’âge de 12 ans, voire 11 ans si c’est un·e élève avancé·e. Je ne vois aucun avantage à ce niveau-là. Cela va simplement générer un stress énorme. Un autre point m’inquiète également au niveau des enseignant·es en plus du stress et de l’organisation du cycle : c’est l’emploi.

Avec un système hybride, il y aurait forcément moins d’élèves au cycle 3 et par conséquent, moins de classes et moins de postes de travail.

En me basant sur la politique d’austérité actuelle des finances, les lycées engageront bien des enseignant·es, mais je ne pense pas que toutes les heures « perdues » au cycle 3 seront compensées au secondaire II.

Face à tous ces questionnements, je m’étonne du peu de réactions de la part des collègues du cycle 3. C’est vrai que tout cela semble lointain et concerner seulement les lycées. Mais les impacts seront très importants pour les trois dernières années de la scolarité obligatoire.

Si on ne se mobilise pas maintenant, il sera par la suite trop tard et le système ne pourra plus être changé…