Non à la suppression du REX en 5e et 6e

Dossier de presse

Historique:

En décembre 2016, les syndicats apprennent que des mesures d’économies pour 2017 ont étés décidées par le DEF alors qu’ils n’ont pas été consultés. Le DEF a en revanche consulté les autorités communales et les directions d’école.

Les syndicats demandent une rencontre à la Cheffe du DEF qui accepte de les recevoir le 9 janvier. Lors de cette rencontre, une liste de mesures d’économie est présentée aux syndicats qui sont dans l’impossibilité de négocier quoi que ce soit, les décisions ayant déjà été prises.

Les syndicats constatent que les mesures d’économies envisagées nuisent à la qualité de l’école, directement ou par la dégradation des conditions de travail des enseignants. L’une des «mesures phares» retient tout particulièrement notre attention: la réduction d’une période à l’horaire des élèves pour chacune des années du cycle 2 (de la 5e à la 8e année). Le DEF nous indique que la période la moins dommageable à supprimer est la FGE (formation générale). Pour rappel, la formation générale1 consiste en des activités ayant trait à la connaissance de soi ou au développement d’attitudes d’ouverture et de responsabilité citoyenne. En ajoutant cette matière dans la grille horaire, on n’a fait «que» de donner sa place officielle à des activités pratiquées depuis toujours dans les classes. La disparition de l’horaire de la FGE semble donc être un moindre mal au vu du caractère inévitable de l’allègement imposé.

Les syndicats déplorent cependant les effets prévisibles de cette mesure et expriment leur vive inquiétude. Ils estiment que le canton a franchi une ligne rouge en tranchant dans les heures de présence en classe des élèves; ce seront des économies douloureuses pour de nombreux élèves.

Le choc encaissé, les syndicats font immédiatement part de leur préoccupation quant à la matière supprimée. Pressentant que la période de REX2 serait menacée (jusqu’ici en marge de l’horaire-bloc), les syndicats soulignent l’importance de cette période, seul moment disponible pour travailler en petit groupe. Le Conseil d’État assure alors que le REX sera maintenu tel quel et que la réduction s’effectuera uniquement au détriment de la leçon de formation générale (FGE), son contenu étant alors intégré dans les autres branches, comme c’était la pratique avant la mise en œuvre du nouveau PER3.

Le 7 février, le Service de l’enseignement obligatoire communique aux directions qu’ «en 5e et 6e années, la période de renforcement et extension (REX) sera intégrée à l’horaire-bloc. Elle devient ainsi obligatoire pour tous les élèves de la classe et peut être placée sur n’importe quelle période. Les différents soutiens prévus pour des élèves ayant des besoins éducatifs particuliers peuvent être donnés en parallèle à la période REX.»

Les syndicats apprennent la nouvelle quelques jours seulement avant la semaine de relâches du 1er mars.

Le 21 février, le SAEN intervient auprès du SEO.

Le 24 février, le SAEN fait part de ses propositions de mise en œuvre aux directions d’écoles par l’intermédiaire de leur association, l’ANERES.

Par sa réponse du 27 février, le chef du SEO, M. Marguet confirme que «C’est pour [...] respecter l’horaire-bloc que la période REX a été rendue obligatoire pour tous les élèves uniquement dans les années 5 et 6, et c’est ainsi que les directives ont été prévues.»

Le 28 février, le SAEN exprime son immense déception et signale que le mot «scandale» est évoqué parmi ses membres pour caractériser ce qui est perçu comme une trahison des autorités. La cheffe du département est mise en copie de ce message.

Le 2 mars, une délégation du SAEN est reçue au SEO par M. A. Ramelet. Chaque partie fait part de ses considérations, mais cela ne débouche sur aucune remise en question. Le respect absolu de l’horaire-bloc empêche toute adaptation.

Lors de sa campagne électorale, Mme Maire-Hefti est interpellée dans la rue à deux reprises par le SSP afin d’obtenir une réponse… sans succès.

Le SSP écrit un courrier à la cheffe du DEF le 7 mars.

Le SSP et le SAEN lui envoient un second courrier commun le 28 mars.

Dans sa réponse du 29 mars, la cheffe du Département campe sur ses positions et réaffirme que le REX sera intégré à l’horaire-bloc et qu’il sera obligatoire. Elle propose que cette leçon soit «à disposition pour des activités diverses, à choix», qu’elle puisse être consacrée «à des tâches différenciées (révisions, prolongements, plan de travail individualisé, etc.) et que les directions puissent piocher dans l’enveloppe de soutien pédagogique pour assurer un encadrement supplémentaire ou un dédoublement en sous-groupe.» Et ce quand bien même elle reconnaît que «ces suggestions ne compenseront pas les périodes supprimées».

Lors de la rencontre DEF-syndicats du 4 mai, les syndicats insistent pour que la cheffe du DEF revienne sur sa position, afin de maintenir ce moment privilégié de soutien aux élèves en difficultés, sans oublier ceux qui ont besoin d’aller plus loin (extension). Elle s’engage finalement à s’entretenir avec les directions pour leur proposer notre proposition (cf. ci-dessous sous «Ce que demandent les syndicats»).

Sans nouvelle après un mois, les syndicats écrivent à nouveau à Mme Maire-Hefti pour lui demander des nouvelles.

Le 12 juin, les syndicats reçoivent la réponse de la cheffe du DEF qui confirme sa position de ne pas déroger au principe de l’horaire-bloc en vigueur depuis août 2012-2013 pour les cycles 1 et 2.

2 Renforcement et Extension (travail de soutien et développement en effectif réduit)

3 Plan d’Études Romand (mis en place dans la foulée de l’adoption de HarmoS)

C’est quoi le REX ?

C’est une période de Renforcement et d’Extension permettant de travailler en petits groupes pour l’introduction d’une nouvelle matière, la révision d’une notion difficile avec certains élèves ou un travail plus ambitieux pour d’autres. C’est le seul moment en 5-6H privilégié où l’enseignant peut travailler avec un petit groupe d’élèves.

Ce que demandent les syndicats:

Concrètement, les syndicats proposent de placer le REX en dernière période d’une matinée (par exemple, le mercredi). Une partie des élèves serait alors parfois libérée une période plus tôt. Cette solution apparaît tout à fait acceptable pour des enfants de 5e et 6e HarmoS âgés de 9 ou 10 ans, qui sont suffisamment mûrs pour attendre le retour de leurs parents durant 45 minutes. Il serait en outre certainement possible de trouver des solutions très peu onéreuses pour les rares cas posant problème… pour peu qu’on les recherche.

Aux cycles 1 et 2, les élèves ont droit à ces moments privilégiés en petit groupe. Obliger tous les élèves à être présents lors du REX, revient de fait à en priver les seuls élèves de 5e et 6e. De plus, placer le REX en parallèle avec du soutien aux élèves en difficultés, comme l’a envisagé le SEO, revient à le rendre inaccessible précisément à ceux qui en bénéficient le plus et creusera davantage encore l’écart entre les plus forts et les élèves les plus fragiles.

Pour toutes ces raisons, les syndicats demandent instamment au DEF d’adopter une attitude ferme vis-à-vis des directions d’écoles et des autorités communales quant au maintien de l’esprit même du REX en les incitant à mettre en œuvre les propositions des syndicats.

Le REX est une exclusivité neuchâteloise, dont notre canton peut être fier; ce qui n’est pas si fréquent. Il serait bête et profondément injuste de priver la moitié des élèves du cycle 2 de son apport.

Le Conseil d’État affirme avoir visé la FGE pour réduire l’horaire des élèves du cycle 2 et préserver la période de REX. En réalité, telle que la décision risque d’être appliquée, ce sont les deux domaines qui seront touchés et les élèves, surtout les plus faibles, qui trinqueront!

En résumé:

  • Rendre le REX obligatoire pour tous les enfants dénature sa raison d’être au point qu’il faudrait l’appeler autrement!

  • L’idée de placer du soutien dans la classe en même temps que le REX ne sera pas équitable d’une commune à l’autre, le soutien étant de leur compétence et non de celle du canton. Cela renforcera les différences et les inégalités au sein du canton.

  • Pire, si le soutien est placé au même moment que le REX, cela veut dire qu’un enfant en difficulté n’aura plus qu’un seul moment de travail privilégié en petit groupe au lieu de deux.
    (Actuellement: REX + appui = deux moments privilégiés dans la semaine; avec ce qui est proposé: REX ou appui = un seul moment privilégié dans la semaine).

Pourquoi un point presse?

Les décisions ont été prises au niveau du DEF. Les syndicats ont combattu cette mesure dès le début, soit depuis plus de 5 mois, sans succès.

Les parents et la population ont le droit d'être au courant!

Ils ont le droit de savoir quelles économies se font au détriment des élèves, que cette décision d’ordre financier détériore la qualité de l’école neuchâteloise!

Cette décision péjore le soutien aux élèves qui en ont le plus besoin, ainsi qu’aux élèves qui ont besoin d’extension pour se développer.

Les économies dans l’éducation risquent de créer des coûts beaucoup plus importants dans quelques années lorsqu’un jeune peinera à s’insérer dans la vie professionnelle en intégrant un apprentissage ou une école supérieure.

SAEN / SSP, La Chaux-de-Fonds, 13 juin 2017


Voir également

Les enseignants neuchâtelois se sentent floués (notamment des liens audio en fin d'article)

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